Interview avec Marine Eprémian – Présidente-fondatrice du cabinet CTM

Bonjour, merci de m’accorder votre temps pour cette interview. Pour commencer, quel est le nom de votre métier ?

Mon métier est à la fois et séparément consultante, formatrice et coach.

– Quelles sont les qualités requises pour ce travail ?

Les qualités personnelles sont multiples mais elles vont au-delà des compétences techniques : il faut savoir maîtriser l’écoute active, la méta-position en sachant prendre du recul, la pédagogie ainsi que la capacité à restructurer.

Quels sont les diplômes qui préparent ce métier ?

Pour être coach, il faut d’abord suivre une formation de coaching pour avoir un diplôme. Pour être formateur, il faut suivre une formation métier afin de pouvoir transmettre mais aussi une formation de formateur pour avoir la pédagogie. Enfin, pour le consulting, il faut suivre une formation permettant d’acquérir une méthodologie mais surtout avoir de l’expérience terrain. C’est l’expérience et la maturité du raisonnement qui va permettre de faire la différence et distinguer la valeur du professionnel.

Depuis combien de temps exercez-vous ce métier ?

Depuis maintenant 5 ans , quand j’ai commencé en 2015 en capitalisant sur une expérience préalable de 18 ans. Mon sens d’entreprenariat remonte du temps où j’étais étudiante en pleine période de crise économique.

Quel métier exerciez-vous avant ? Combien de temps ?

J’ai fait beaucoup de métiers, en passant par la traduction-interprétariat, la gestion des projets, des missions dans la communication et la gestion. Tous ces métiers au final ont un lien : communication interpersonnelle et  interculturelle.

– Pourquoi avoir changé de voie ?

J’ai toujours eu une appétence pour l’informatique et j’ai voulu en faire mon métier en 2009. Mais suite à la crise informatique j’ai dû mettre de côté ce souhait.
Finalement, je me suis tournée vers d’autres projets plus proches de ce que je faisais. J’ai repris mais études à 39 ans pour un diplôme de management de la communication des entreprises à l’IAE d’Aix-en-Provence. Lorsqu’on m’a proposé l’option conduite du changement, j’ai découvert avec un énorme plaisir les outils de l’accompagnement du changement. Avec mon vécu, cela m’a permis de trouver un sens et changer de voie. J’ai compris que ma place était ailleurs que dans l’entreprise dans laquelle j’étais.

– Que pensez-vous que ce changement vous a apporté ?

Je fais un métier qui me plait vraiment et j’ai enfin trouvé ma place. Je pense aussi être légitime pour accompagner le changement des personnes qui viennent me voir.

D’où vous est venue cette idée de cabinet ?

J’ai d’abord postulé dans plusieurs cabinets de conseil, mais je n’ai pas eu retour ou bien on me disait que j’étais trop expérimentée dans la technique mais je manquais d’expérience en cabinet. Puis on m’a suggéré de me lancer dans l’entreprenariat. C’est donc ce que j’ai fait ensuite en prenant mon courage à deux mains et en me lançant.

Avez-vous rencontré des difficultés dans sa création ?

Oui bien sûr. Au début, je n’avais pas de réseau pour prospecter. Je suis donc passée par une étape intermédiaire en intégrant une couveuse d’entreprise qui m’a permis de tester mon idée et de développer mon réseau. Au bout de deux ans et demi, j’ai pu enfin immatriculer mon entreprise.

– Est-ce l’idée que vous en aviez ?

Absolument pas. L’entreprenariat n’était pas du tout un souci pour moi, je l’avais déjà expérimenté au fil de ma vie professionnelle. Cependant, c’était la gestion d’entreprise en France que je ne maîtrisais pas du tout et que j’ai dû découvrir entièrement sur le terrain.

Comment vous est venu le nom de CTM ?

Je ne voulais pas que la création de la structure soit associée à mon nom. Je voulais parler d’une vision qui renvoyait à une attitude de manager de demain, mettant en place des compétences transverses, au-delà des compétences techniques, pour créer un équilibre entre ce que l’on sait faire et la manière dont on le fait.
Je me suis donc inspirée de mon propre parcours et notamment de mes réussites. Je me suis rendu compte par la suite que je faisais appel à mes compétences transverses quand je réussissais en utilisant mes émotions pour gérer le stress, le temps, les équipes et pour relever les challenges aussi. Le nom de Compétences Transverses Management représentait donc parfaitement ma vision.

Qu’espérez-vous à l’avenir pour votre cabinet ?

Je souhaite à l’avenir ne pas rester seule. Je pense, dans un premier temps, à créer des partenariats avec des personnes intéressées par les compétences transverses dans le management et dans le monde professionnel puis je verrais avec le temps pour la suite.

– Qu’aimeriez-vous dire aux personnes qui n’osent pas se lancer dans la création de leur cabinet ?

Venez me voir (rires). Plus sérieusement, je leur dirais de s’écouter eux-mêmes, d’écouter leurs envies et leurs attentes. Il faut savoir aussi se donner les moyens de tracer son parcours et se lancer en prenant son courage à deux mains.


– Merci pour votre temps et vos réponses.

Interview menée par Lisa Nicoleau, le 15 décembre 2020